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vendredi 4 septembre 2020

Nous avons renoncé aux moteurs, deuxième extrait

ganaha_couv.jpg, mar. 2020

Nous avons renoncé aux moteurs, c’est l’antépisode de Ganaha, et ce recueil se dévoile sur ce blog sporadiquement. La première partie s'intitule « La geste de l’Oasis », et son premier poème est disponible ici. Voici le deuxième.


II

Hada à la cicatrice lambeau Hada
à la poitrine gonflée les mains
qui traînent dans le sillage

Hada la fière Hada la verte déjà
tu portes les grains de vent
au fond des voiles déchirées

les notes que tu atteins sont
rampes de lancement des
fusées de mer qui nous propulsent

secousses de tes cheveux moirés
tremblements de tes avant-bras —
haut puis bas du corps de transe

Hada tu nous proclames vers demain
il en faudra des devineresses
pour borner nos habitudes se départir

des machines des circuits imprimés
des armes de destruction massive
les mines explosives cachées dans nos cerveaux

dans ta mélopée Hada survivent
le contrepoint médiéval le dodécaphonisme
un univers d’héritages à trier

les battements t’accompagnent Hada
les yeux mouillés à ton chant jusqu’à ce que
tu offres deux notes simultanées

lundi 18 mai 2020

La geste de l’Oasis

ganaha_couv.jpg, mar. 2020

I

vif-argent des lames de sels
rasoirs effilés d’écume
les radeaux fendent, sécateurs
de vagues, scies mouvements secs
étincelles — les mains en visière attachées

des nuits au compas
par-derrière par-devant nuées
trous noirs trop loin exoplanètes
inatteignables nous
chevauchée du continent liquide

nous cueillons les vents de tous bords
cherchons les pollens
bruits d’ailes, sont-elles réelles ?
ombrées dans les rayons
sans miel, sans cercles

dans les diamètres trigonométriques
les livres en attestent
les équations. pauvres livres imbibés
poissons ferrés — dessaler dans de grands
fûts ; qu’ont-ils contenu ?

il faut boire parcimonieusement
les gorgées douces les gorgées fraîches
peaux collées de suie marine
le choix était nôtre, certes
peaux frottées de caresses hâtives

des caisses et des caisses de livres
les circuits électroniques au rebut
corrosion inévitable de toute façon —
nous avançons au hasard provoqué
d’un sextant qui frôle les terres ravagées


Extrait de Nous avons renoncé aux moteurs, antépisode de Ganaha.

lundi 13 janvier 2020

Nouveau livre : Ganaha

Dans l’Oasis, bordée à l’est par une immense étendue d’eau et entourée de fortifications qui donnent sur un vaste désert, vit le peuple des êtres vertes. Elles ont renoncé aux technologies mortifères de l’ère atomique pour mener une vie simple, rythmée par la succession des périodes de travail, d’étude ou de jeu — comme si, à des millénaires du XXIe siècle, enfin l’humanité avait embrassé la décroissance. Ganaha, planteuse de karé et poétesse, va faire la connaissance d’Énaris, poétesse également, mais venue par-delà les millénaires d’une civilisation où l’humanité est sévèrement régulée par les intelligences artificielles. Leur rencontre va déclencher une suite d’événements qui vont mettre en doute la véracité de l’existence même des êtres vertes. Car les voyages temporels sont lourds de paradoxes, et ne joue pas avec le temps qui veut, fût-il ou elle une intelligence artificielle qui sait tout ce qu’il y a à savoir.

Ganaha (suivez le lien pour un extrait), Jacques Flament alternative éditoriale, janvier 2020, ISBN 978-2-36336-397-8.