A favourite literary devi
Ce is the one whe
Re the first letter
Of each line spell
S out the subject the poe
T wishes to write about.
I must admit, I
Can't see the point myself.

Roger McGough, It Never Rains, Penguin Books, 2014

En guise d'art poétique

Même si un poète aussi expérimenté que Roger McGough ne voit pas bien l'utilité des acrostiches (quoiqu'on ne puisse exclure une certaine duplicité dans son propos), le nom de ce site veut rendre hommage à cette forme littéraire qui, au fond, n'est pas plus illégitime que ne l'est le haïku, pourtant pratiqué par nombre de poètes amateurs et confirmés. Évidemment, si le site traitera beaucoup de cette forme, et peut-être même d'autres jeux poétiques sous la contrainte, ne nous y trompons pas : il s'agit bien ici de faire vivre la poésie par un certes énième site dont on pourrait reprocher à son auteur le narcissisme, mais qui s'insère dans le brouhaha numérique qui participe de la création poétique actuelle et vivante. Au fil des billets se succéderont donc tant acrostiches que notes de lecture, tant liens vers des sites de poètes ou de revues qu'une anthologie toute personnelle et subjective.

Mais l'accroc dans tout ça ? Eh bien, celui-ci symbolise tout simplement la nécessaire violation du langage qui précède le travail du poète, afin de se forger une langue qui, tout en restant intelligible, lui sera personnelle. Une violation d'autant plus schizophrénique pour l'auteur de ce site qu'il exerce le métier de correcteur. Corriger les poètes est cependant une école d'humilité. Et puis la poésie c'est aussi l'indignation, faire couler l'encre comme désinfectant, même si ça risque de piquer au début. On ne peut pas toujours faire dans l'éthéré et la page blanche à peine emplie de signes, alors quelques accrocs de temps en temps dans la langue et quelques piques sur la société, c'est d'utilité publique.

« Accrocstiches », c'est donc un programme, une attitude... un sacerdoce ? Bonne lecture !