Accrocstiches

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lundi 31 juillet 2017

Lustration

Prêtre romain (photo : © Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons).

Lustration :  ANTIQ. ROMAINE. Purification rituelle d'une personne ou d'un lieu par procession, sacrifice ou aspersion. (Trésor de la langue française informatisé)


Las, louchant lentement l’
Unique lapidaire
Scande l’oraison laïque
Tant trouvère que tantrique
Revêtue d’oripeaux dans un rêve révélés
Affublée bizarrement d’un bourdon bénéfique
Tout entière atonale et tonnante pourtant
Il conclut d’un soupir
Ose à peine un sourire
Noie enfin dans la nuit un nouveau-né condamné

lundi 16 janvier 2017

Récollection

San Lazzaro degli Armeni, lagune de Venise (photo : privée).

Récollection : subst. fém. RELIG. CATH., vieilli. Action de se recueillir dans la prière et la méditation. Synon. recueillement. (Trésor de la langue française informatisé)


Revenir encore sous les
Étoiles de la lagune
Coupé du monde des
Observateurs indifférents
Lentement franchir le ponton
L’extraterritorialité presque palpable
Entrer dans la chambre forte
Contenant maints manuscrits précieux
Tel pourrait être l’avenir Inexorable
Où couleraient mes jours
Nettoyés des contingences

jeudi 17 novembre 2016

Cinabre

Photo : poudre de cinabre (Zinnober en allemand), par H. Zell, CC BY-SA 3.0 (sur Wikimedia)

Cinabre : subst. masc. MINÉR. Sulfure de mercure de couleur rouge, utilisé notamment pour la fabrication du vermillon. P. méton. Couleur rouge vermillon. (Trésor de la langue française informatisé)


Coupable de jeux
I
nterdits :
N
ourrir les poèmes ;
A
nalyser les discours ;
B
attre en brèche ;
R
épandre à la volée ;
E
nsemencer en somme…

lundi 10 octobre 2016

Janotisme

Image : Nadia au sourire enjoué, Henri Matisse

Janotisme, subst. masc., littér., rare : A. Esprit borné, simplicité excessive, bêtise. B. Défaut de style qui consiste à rompre la logique syntaxique en rapprochant abusivement certains membres de phrase et en provoquant des équivoques burlesques. (Trésor de la langue française informatisé)


Je suis au plus mal
Amorphe
Néant des synapses
Or il faut paraître
Toujours
Infatigablement
Si bien que je compose
Masque
Enjoué

dimanche 29 mai 2016

Alifère

Image : A. Davey, CC-BY-2.0. Ahura Mazda, le dieu des zoroastriens.

Alifère, adj. : « qui porte des ailes ». (Trésor de la langue française informatisé)


Académie des coléoptères
Louange des élytres
Il est dans l’air comme une
Folie des espaces ouverts
Ère propice aux plus soudains
Retournements, pourvu qu’on
Embraye la marche arrière

mardi 10 mai 2016

Périhélie

Image : Carlos Cramez

Périhélie : ASTRON. Point de l'orbite d'une planète du système solaire ou d'une comète quand celle-ci se trouve le plus près du soleil. (Trésor de la langue française informatisé)


Pourtant, je te jure ! je l’avais
Écoute-moi ! oui, je la tenais
Regardons bien aux alentours
Il a suffi d’un seul instant
Hâbleur, moi ?
Étourdi peut-être… —
Luit-elle toujours de ce ton caressant ?
Il a suffi d’un seul instant
Envolée, j’en ai perdu la trace

lundi 18 avril 2016

Ataraxie

Image : Yann Cœuru, CC BY 2.0

Ataraxie : PHILOS. Tranquillité, impassibilité d'une âme devenue maîtresse d'elle-même au prix de la sagesse acquise soit par la modération dans la recherche des plaisirs (Épicurisme), soit par l'appréciation exacte de la valeur des choses (Stoïcisme), soit par la suspension du jugement (Pyrrhonisme et Scepticisme). (Trésor de la langue française informatisé)


Ah ! que ce petit chemin
Tu des habitués
Accrochés à leurs plaisirs sauvages
Rabiboche
Assailli même par les éléments ligués
X fois sans qu’on y décèle une fin
Immanquablement les
Espaces inconnus d’un avenir hier maussade

vendredi 11 mars 2016

Villeux

Fred Johnson en yéti dans The Abominable Snowman (Val Guest ,1957)

Villeux : BOT., ZOOL., peu usité. Qui est recouvert de poils longs et touffus ou d'un fin duvet. Synon. tomenteux, velu. Insecte villeux; plante villeuse. (Dict. XIXe et XXe s.). (Trésor de la langue française informatisé)


Versants de l’Himalaya.
Il faut bien que
Le yéti se console
(L’hiver) de notre incrédulité
Entêtée en jouant
Unilatéralement au morpion :
X

mercredi 30 décembre 2015

Dans la revue « Recours au poème »

Retour aux acrostiches : la revue en ligne Recours au poème (une ressource dont on ne finit jamais d’explorer les trésors en matière de poésie) en publie une dizaine, qui étaient pensés déjà comme éléments d’une suite à Apotropaïque, à paraître aux éditions Phi vers la fin 2016 environ. Mais avec la publication de Flo[ts] entre-temps, il y aura un grand remaniement, grâce aux mois gagnés par ce chamboulement. Les acrostiches publiés pourraient donc finalement faire partie du nouveau livre... Dans la poésie, il y a toujours du travail !

Lien direct : http://www.recoursaupoeme.fr/florent-toniello/acrostiches, mais l’ensemble de la revue est toujours intéressant !

mardi 20 octobre 2015

Cilice

Image : Thomasin Durgin, flickr, CC BY-NC-SA 2.0

Cilice, subst. masc. Tunique, ceinture de crin ou d’étoffe rude, garnie éventuellement de clous ou de pointes de fer à l’intérieur et portée sur la chair par mortification. Porter, prendre le cilice; cilice de pénitente; cilice de poil de gazelle. (Trésor de la langue française informatisé)


C’est à la limite de l’ongle et de la peau
Il y pousse ce lambeau disgracieux
La raison commande de ne rien faire
Impossible pourtant de ne pas l’arracher
Catimini du coup d’incisives
Emportement puni de jours d’inconfort

vendredi 25 septembre 2015

Horion


Horion, subst. masc. Coup généralement violent. (Trésor de la langue française informatisé)

Cet acrostiche dans la veine de la poésie descriptive cherche à rendre la sensation de bataille, de coups portés qui amènent l’étourdissement. Pour cela, il était nécessaire de procéder par vers courts et d’utiliser le plus possible des interjections consacrées. Celles-ci sont interrompues par deux vers d’un seul mot, représentant une vaine accalmie – d’où « ininterrompue ». Bien entendu, cette explication devrait être superflue à la lecture. Une fois écrite, la poésie n’appartient plus à son auteur.

Dans Apotropaïque, recueil à paraître aux éditions Phi.

Hue dia !
Ouille !
Rouée
Ininterrompue
Oh !
Nuée d’étoiles

lundi 21 septembre 2015

Les délices gastrostiches du glouton fainéant


Dans La Tribune du Jelly Rodger numéro 5, printemps-été 2015. Numéros et abonnement disponibles ici.


        Sur une plage enfin délaissée par les estivants
           Ou au bord d’un lac – mais l’Atlantique est plus goûteux –
              Ramassez délicatement une méduse de bonne taille
        Brossez les tentacules pour diffuser les arômes marins
    Engouffrez sans délai dans un congélateur
Taillez au poisson-scie quand survient l’amateur

 

         Patientez vaillamment dans un préau d’école
      Insinuez qu’il faut jouer à pigeon vole
     Grappillez dès qu’il paraît le volatile
Espérez que les marmots l’aient souhaité plumé –
   Ouste ! enfournez aussitôt à la broche
     Ne dégustez que si Jacques a dit : « Cuit ! »

 

Brisez les lanières du sac de la vieille dame
Laissez-lui les photos des toutous et gardez les billets
Égouttez après cuisson et assaisonnez d’oseille

 

           Guinchez à perdre haleine dans un bal de la haute
         Rassemblez autour d’un verre quelques grosses légumes
       Agrémentez de canapés
    Touillez à volonté
   Installez sous la grille à la faveur du coma éthylique
  Nappez de leurs fromages ces bourgeois pathétiques

 

       Barbotez benoîtement dans un bouge bourru un
     Abracadabrant imbécile au débotté
         Braquez son bob d’un bulbe en verre bombé
  Allumez le bitoniau puis bouffez la balourde expression du bellâtre

 

… bon appétit !